mar 31

Pascal nous raconte son Eco-Trail de Paris

Catégorie : Compétitions, TrailCirali @ 11 h 01 min

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Samedi 29 mars, réveil à l’aube à 05h00, je n’arrive plus à dormir mais c’est toujours le cas avant une grande course, surtout de celle ou l’on va rencontrer l’inconnu. Toujours plein de questions qui demeurent, dont la plus importante, vais-je y arriver ?

Avec un copain nous récupérons notre dossard le matin même sous la tour Effel. Il fait beau, l’ambiance est bonne. Nous prenons ensuite un RER nous menant sur la ligne de départ à la base de loisirs de Saint Quentin en Yvelines. C’est toujours marrant de voir un RER constitué essentiellement de coureurs faisant le 30,50 ou 80Km. Après une dernière navette, nous attendons tranquillement le départ avec d’autres amis venu nous rejoindre. L’ambiance est toujours au beau fixe et chacun raconte ses dernières guerres un peu aussi pour se rassurer.

12h00 tapante, après les derniers conseils distribués par l’organisateur, le départ est donné. Ça part vite devant, les premiers feront plus de 15km/h pour les 22 premiers km. Derrière ça part moins vite, l’objectif étant de finir et surtout de finir bien. Les premiers kilomètres avant le prochain ravitaillement sont roulants voir trop roulants, attention de ne pas s’emballer. La vue est sympa, on passe auprès de plusieurs étendues d’eau. C’est ce que j’apprécie durant les trails, c’est que l’on visite aussi. La région parisienne est jolie quand on sait où chercher.

Déjà le premier ravito, les premiers abandons, il faut dire qu’il fait bien chaud, l’alimentation et l’hydratation ne doivent pas être négligées. Premières ampoules pour moi, je me dis que ça va être long et difficile. Je chasse rapidement les idées noires qui souvent arrivent vite. Premier check-up, je ne suis  pas essoufflé pas de courbatures non plus. On enchaine donc jusqu’à Meudon 45 ième Km avec un ravito en eau. Là aussi tout va bien même si la fatigue commence à se faire ressentir, les jambes sont de plus en plus lourdes de kilomètres en kilomètres. Au niveau des pieds par contre, ce n’est pas ça je sens comme des brasiers sous la voute plantaire chaque pas me font souffrir mais j’en ai vu d’autres. Alors on continue, la nuit pointe le bout de son nez, les températures tombent vite surtout avec la fatigue. On s’équipe donc en conséquence, coupe vent et frontale sont de mises.

Arrivé au 55ième à Chaville. Plus trop envie de rigoler, j’ai perdu beaucoup de temps avec mes pieds qui me disent stop et le mental me disant le contraire. Mon copain que je nomme Monsieur «  COUP DE MOINS BIEN » entre en scène, il est toujours là quelque soit les courses. Et je ne sais pas si vous avez remarqué, ce monsieur en question est très envahissant, sans gène. Il s’invite à la partie alors qu’on ne lui demande rien et il est très collant, il ne veut jamais partir. Il va ainsi jouer avec moi jusqu’à la fin, au jeu du « je pars, je reste, tu croyais que j’étais parti définitivement et non surprise, suis encore là » Alors on se remobilise, Je me parle à moi-même « ici et maintenant » je pense à ma famille, à mes potes du club, à mes entraineurs. 70 ième km Saint-Cloud, on est tenté de dire, « déjà ? » mais ce fut un véritable calvaire. Je marchais et courrais comme un mec avec 2g d’alcool dans le sang. Plus que 10 km, je ne pensais vraiment pas arriver jusque là. Nous courons sur les bords de Seine et nous pouvons voir de temps en temps la tour Effel au loin, l’arrivée étant au Trocadéro. Forcément ça ne passe pas vite mais hors de question d’abandonner si près du but, alors un pas devant, puis l’autre, puis l’autre etc. …  On fait fi des citadins nous lançant des regards étonnés, amusés et de la vue qui n’est pas toujours attirante, beaucoup de bétons sur cette partie. On croise une coureuse avec le maillot de l’Asphalte, on tape un peu la discussion, je me présente fièrement de l’UAI Nogent, on s’encourage mutuellement.

Arrivé au Trocadéro 80 km, suis trop content car je suis revenu de très loin. A partir du 55ième km il a fallu se battre et aller chercher au plus profond de soi-même pour déjouer les pièges de Monsieur «  COUP DE MOINS BIEN ». Aujourd’hui le vainqueur c’est moi mais de temps en temps c’est à mon tour de rendre les armes, j’ai accepté cette règle du jeu depuis que je cours.

Classement : 1272/1900
Temps de course 12 :30 :07
Vitesse  : 6.42 km/h



8 réponses à “Pascal nous raconte son Eco-Trail de Paris”

  1. Reine-Sylvie a dit :

    Bravo Pascal!!! J’ai bien aimé ton récit. J’y étais….

  2. jean-francois.goumy a dit :

    Ben Pascal, You Just Did It ! Bravo, tu l’as fait, tu t’es dépassé. Je suis admiratif. jf

  3. maxime.beau a dit :

    j’ai toujours dit que tu étais mon champion pascalouuuuuuu!!!!
    et puis tu es allé quasiment au même rythme que l’équipe cross court au LIFA :)
    donc une sacrée performance!!!

  4. robert.vuillemin a dit :

    Bravo Pascal, c’est énorme !! Tu es de loin le plus endurant du club.
    Merci pour ton récit, j’avais mal aux jambes rien qu’en le lisant !

  5. Renaud a dit :

    Bravo Pascal !!!!!!! Belle course et beau récit !!!

  6. henri.poirot a dit :

    Bravo Pascal, tu assures grave :-)

  7. Estelle M. a dit :

    Hello Pascal, très belle aventure humaine et personnelle que tu viens de nous raconter. Une exemple pour tous sur les fins de parcours, toujours en souffrance. Je me rappelle de ton « ici et maintenant » que je me suis répétée sur 2 km sur un semi-marathon l’an dernier, car je n’arrivais même plus à compter jusqu’à dix (ma technique perso pour contunuer). BRAVO

  8. Philippe W. a dit :

    Méga-respect.
    Ces épreuves où l’on va chercher au bout de soi-même sont les plus belles car on va bien au-delà du simple effort physique !!
    C’est aussi celles qui laissent les plus beaux souvenirs ; et en voilà un que tu n’oublieras jamais.

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